Figures de leader

21 déc

Leaders de guerre :

Mao Tse Tung, leader stratège : Un des cofondateurs du Parti communiste chinois en 1921, Mao Zedong parvint progressivement à s’en faire reconnaître comme le dirigeant suprême, notamment lors de l’épisode de la Longue Marche (1934-1935). Après de longues années de guérilla contre les nationalistes du Kuomintang, ainsi que contre l’envahisseur japonais (1937-1945), Mao sortit vainqueur de l’ultime phase de la guerre civile chinoise, avec la victoire de l’Armée populaire de libération en 1949. Il proclame la République populaire de Chine, le 01/10/1949 à Pékin dont il en sera le président de 1954 à 1959.

Ce leader emblématique a su s’imposer en remportant des victoires historiques, grâce à ses capacités en stratégie de guerre. Préconisant une ligne de conduite visant à attaquer d’abord les bases faibles de l’ennemi, puis de viser son anéantissement total en concentrant des forces d’une supériorité absolue tout autour et en mouvement, il souligne également l’importance de ne pas s’engager au combat dans préparation et sans être certain de gagner. En fait de stratégie militaire, Mao Tse Tung est un leader chinois au fait de l’histoire de ses ancêtres dont il a pris connaissance des enseignements, qu’il utilise et met à jour. D’autre part, sa stratégie met en avant une certaine forme de pensée circulaire typiquement chinoise.

Charles De Gaulle, le leader au cœur de l’action : chef de la France libre, il organise et inspire la résistance depuis Londres en 1940. Après la guerre, il prendra naturellement la tête de la France et fondera la cinquième république dont il est le premier président élu avant de se retirer en 1969 suite à un référendum populaire.

« Certes, nous avons été, nous sommes submergés par la force mécanique, terrestre et aérienne de l’ennemi (…) Mais le dernier mot est il dit ? l’espérance doit elle disparaitre ? La défaite est elle définitive ? non ! Croyez en moi, moi qui vous parle en connaissance de cause et vous dit que rien n’est perdu pour la France.(…)Car la France n’est pas seule ! Elle n’est pas seule ! Elle n’est pas seule ! (…) Moi, général de Gaulle, actuellement à Londres, j’invite (.. .) à se mettre en rapport avec moi. Quoiqu’il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas. »

Le texte de l’appel du 18 juin met en exergue plusieurs éléments liés à la promesse, à l’incarnation du leadership. La succession progressive de « nous avons été, nous sommes et l’espérance » ; l’utilisation fréquente de la triple répétition crée une sorte d’appel dans l’inconscient collectif ; la symbolique de la flamme est très forte car elle éclaire, réchauffe mais pourrait également bruler les ennemis.

De Gaulle place l’action et le rôle du chef comme prédominant. « Apprécier les circonstances dans chaque cas particulier, tel est donc le rôle essentiel du chef. Du fait qu’il les connait, qu’il les mesure, qu’il les exploite, il est vainqueur ; du fait qu’il les ignore, qu’il les juge mal, qu’il les néglige, il est vaincu. (…) Au commencement était le verbe ? Non ! Au commencement était l’action » . De Gaulle met le leader au cœur de l’action, qui doit être également parlée. Le leader doit anticiper le mouvement, mais aussi l’évoquer et donc avoir cette capacité à verbaliser les choses avant qu’elles n’existent.

Winston Churchill, leader spirituel : homme politique britannique, il fut Premier ministre du Royaume-Uni de 1940 à 1945 et de nouveau de 1951 à 1955, officier de l’armée britannique, journaliste, historien, écrivain lauréat du prix Nobel de littérature et artiste. Ses discours marquent le peuple britannique et les forces alliées. À sa mort, la reine lui fit l’honneur d’avoir des obsèques nationales, qui furent l’un des plus importants rassemblements d’hommes d’État dans le monde. Churchill a tiré une très profonde culture historique qui le servira toute sa vie en lisant les historiens classiques et des philosophes grecs. Il est notamment fortement impressionné par le darwinisme. Il devient alors, selon ses propres termes, « un matérialiste jusqu’au bout des doigts », et défend avec ferveur sa conception d’un monde où la vie humaine est une lutte pour l’existence, avec pour résultat la survie des plus forts. Il fera par ailleurs campagne contre l’indépendance de l’Inde.
En 1936, l’Allemagne commence à se positionner pour la guerre. L’Angleterre est divisée quand à la réaction à donner. Churchill dénonce cet immobilisme, démontre que l’Allemagne se prépare à la guerre et prononce un discours prophétique : « Le gouvernement est incapable de prendre une décision ou de contraindre le Premier ministre à en prendre une. Alors les membres du cabinet s’embrouillent dans d’étranges paradoxes, bien décidés seulement à ne rien décider, bien résolus à ne rien résoudre ; ils mettent toute leur énergie à se laisser aller à la dérive, tout leur effort à être malléable, toutes leurs forces à se montrer impuissants. Des mois et des années qui vont suivre, qui sont d’un si grand prix pour la grandeur de l’Angleterre et ont peut-être même pour elle une importance vitale, nous ne ferons rien, nous les laisserons dévorer par les sauterelles ».
Churchill a compris avant tout le monde et à pris la mesure de la menace en se positionnant farouchement contre la politique d’apaisement de Chamberlain envers Hitler et après la crise de Munich, au cours de laquelle la Grande-Bretagne et la France avaient abandonné la Tchécoslovaquie à Hitler, il déclare au cours d’un discours à la Chambre des communes : « vous aviez le choix entre la guerre et le déshonneur. Vous avez choisi le déshonneur, et vous aurez la guerre ».
Par la suite, il refusera toujours le principe d’un armistice avec l’Allemagne et c’est grâce à ses talents d’orateur que sa rhétorique et sa force de persuasion affermit l’opinion publique contre un règlement pacifique. L’Angleterre se prépare alors à entrer dans une longue guerre, et Churchill devient premier ministre. S’adressant au peuple, il souhaite le préparer à des années sombres : « Je n’ai rien d’autre à offrir que du sang, des larmes et de la sueur ». Mais en même temps, il lui donne de l’espoir et constitue pour le peuple la base énergétique de l’action à venir : « Nous irons jusqu’au bout, nous nous battrons en France, nous nous battrons sur les mers et les océans, nous nous battrons avec une confiance et une force croissantes dans les airs, nous défendrons notre île, quel qu’en soit le prix, nous nous battrons sur les plages, nous nous battrons sur les aires d’atterrissage, nous nous battrons dans les champs et dans les rues, nous nous battrons dans les montagnes ; nous ne nous rendrons jamais, et même si, ce que je ne crois pas un seul instant, cette île ou une grande partie de celle-ci était soumise et assiégée, alors notre Empire au-delà des mers, armé et gardé par la Flotte britannique, continuerait la bataille, jusqu’à, quand Dieu le voudra, le Nouveau Monde, avec tout son pouvoir et sa force, s’avance au-devant pour secourir et libérer l’ancien. »
Toutefois, son éloquence sera controversée par certains alliés : « Il est [ … ] l’esclave des mots que son esprit invente à partir des idées [ … ] et il peut se convaincre lui-même de la vérité dans presque tous les cas, si à travers son mécanisme de rhétorique, il peut continuer ce parcours effréné. »
Malgré tout, de par sa capacité à convaincre, à faire adhérer autour d’une vision et d’un objet commun, il reste objectivement l’un des meilleurs exemples de leadership politique militaire.

Leaders politiques :

« Le leader politique est avant tout un leader spirituel capable d’incarner par son être l’avènement de la promesse et capable d’instaurer un ordre à même de restaurer la justice, et donc de réduire les tensions. La spiritualité est le centre de gravité de la relation leader-groupe. »

Mahatma Gandhi, le leader situationnel : dirigeant politique du début du XXème siècle, Ghandi fut le guide spirituel de l’Inde et du mouvement pour l’indépendance de ce pays. Il a été un pionnier et un théoricien de la résistance à l’oppression à l’aide de la désobéissance civile de masse, le tout fondé sur la non-violence, qui a contribué à conduire l’Inde à l’indépendance. Gandhi a inspiré de nombreux mouvements de libérations et de droits civiques autour du monde et de nombreuses autres personnalités comme Martin Luther King, Nelson Mandela, ou le dalaï lama. Ses critiques importantes envers la modernité occidentale, les formes d’autorité et d’oppression (dont l’État), lui valurent aussi la réputation de critique du développement dont les idées ont influencé beaucoup de penseurs politiques. Gandhi a été reconnu comme le Père de la Nation en Inde, son anniversaire y est une fête nationale.
Lorsque Mohandas Ghandi a exprimé sa mission spirituelle pour manifester ce qu’il appelait la « force d’âme » à propos des communautés britanniques et indiennes au sein du monde tumultueux et divisé par la guerre durant la première moitié du XXième siècle, il personnifiait sa mission au travers de sa campagne en faveur de la résistance non-violente au service de la vision d’une Inde libre et unifiée.
Ghandi a rempli plusieurs rôles dans sa campagne pour la non-violence – y compris ceux de juriste, écrivain, éditeur et de député en fonction de l’évolution de ses propres compétences, valeurs et convictions.

« D’abord, ils vous ignorent,
puis ils se moquent de vous,
puis ils se battent contre vous,
et finalement vous gagnez ».
Pour tenter de chercher d’où Ghandi puise la force qu’il transmettra, il faut se référer à ses écrits, dans lesquels il explique qu’il ne se bat pas contre un opprimeur comme un opprimé. En effet, il critique la gestion de la Grande Bretagne qui se concentre uniquement sur les biens matériels en délaissant le bien être de la population locale. Selon lui, une telle civilisation ne peut survivre, car entièrement centrée sur l’individualisme plutôt que sur un projet de société. Mais peut être que la réussite de son entreprise prend en partie naissance dans le fait qu’il ne rend pas les Britanniques responsables de tous les maux de l’Inde. En effet, il fait valoir que les faiblesses de l’économie et des affaires du pays ont permis la colonisation. Incapables de faire des affaires, les indiens se sont laissés colonisés par l’argent, et se sont vus ainsi privés de la maitrise d’eux-mêmes. Ainsi Ghandi s’affirme comme étant un leader responsable. Se défaire des mailles Anglaises dans un premier temps, mais avec pour objectif fondamental de changer la société en profondeur, en définissant 19 principes politiques et économiques qu’il communique à son peuple. Naturellement, progressivement, d’un leader de guerre passive, il devient un leader politique, et chef de file. Chaque individu se bat pour permettre à l’Inde de vivre un avenir au sens partagé et devenir une véritable Nation composée de communautés autonomes.
Il est important de souligner que Ghandi ne s’est jamais auto proclamé comme étant le chef. En ce sens, il était une sorte de « leader suiveur », souhaitant avant toute chose que le peuple joue un rôle premier au service de l’objectif commun. Il s’est attaché à ce que chaque individu défendant la cause puisse se sentir au cœur même des choses, et non à la périphérie. Une anecdote symbolise en partie comment Gandhi évoluait avec son peuple. Alors qu’il répondait à une interview, la conversation allait bon train. Soudain, Gandhi interrompit le journaliste. Il lui montra la multitude de ses fidèles qui venaient de se lever, et qui s’éloignaient lentement. Alors Gandhi dit au journaliste: “Pardonnez moi, il faut arrêter l’interview. Voyez mon peuple, je suis leur guide, il faut que je les suive.”
Désireux de la mise en œuvre de ce bouleversement, Gandhi a réinventé les règles du jeu pour faire face à une situation où toutes les méthodes disponibles existantes n’avaient pas réussies. Brisant les frontières du combat traditionnel, il a compris qu’il serait difficile de combattre les Britanniques et a donc décidé d’aborder les choses d’une manière radicalement différente. Il s’est attelé à libérer le pouvoir du peuple autour d’un objectif fédérateur et d’une motivation sans faille. Son crédo, le « Satyagraha », diversement traduit par force d’âme, la vérité de la force, ou l’amour de la force. La clé de la vision de Gandhi de l’Inde indépendante, c’est l’idée du leadership individuel et de l’autonomie: une interprétation littérale de «règle de la maison.
De cette façon, satyagraha est un type de leadership individuel. Chaque personne doit obéir aux préceptes de la sa propre conscience. Il peut essayer de convaincre les autres de le suivre dans la résistance passive à une injustice perçue, mais chaque individu doit choisir les batailles à livrer, en assumant les conséquences pour lui-même. Par cela, Mohandas Ghandi responsabilise chaque individu face à l’objectif commun. Il n’est en aucun cas un chef qui délègue, dans le sens ou une personne qui prend un risque en récoltera la conséquence, bonne ou mauvaise, mais sans impacter les autres. Il n’existe aucun moyen de répartir la souffrance de la mort d’une personne ayant fait la grève de la faim.

Assassiné en 1948, Mohandas Ghandi fut un leader adulé par tout un peuple, ce qui fut rendu possible par sa capacité à prendre en compte le contexte et les conditions existantes pour déterminer une stratégie, ce qui est somme toute l’archétype du leader situationnel. Au-delà, le Père de la Nation avait une compréhension profonde de la psychologie de l’homme, compétence qu’il allia avec ses qualités de communicant et de politicien.

NELSON MANDELA, le leader …. ??? : Il fut l’un des dirigeants historiques de la lutte contre le système politique d’apartheid avant de devenir président de la République d’Afrique du Sud de 1994 à 1999, à la suite des premières élections nationales non-raciales de l’histoire du pays. Après vingt-sept années d’emprisonnement consécutives à sa lutte contre la domination politique de la minorité blanche et la ségrégation raciale, Mandela est relâché le 11 février 1990, et soutient la réconciliation et la négociation avec le gouvernement du président Frederik de Klerk. En 1993, il reçoit conjointement avec ce dernier le prix Nobel de la paix pour leurs actions en faveur de la fin pacifique du régime d’apartheid et pour avoir jeter les bases d’une nouvelle Afrique du Sud démocratique. Aujourd’hui, Il il continue la lutte contre la pauvreté mais aussi de la lutte contre le sida au travers de plusieurs associations. Il est une personnalité mondialement écoutée au sujet des droits de l’homme et est salué comme le père d’une Afrique du Sud multiraciale et pleinement démocratique, qualifiée de « nation arc-en-ciel ».
Pour comprendre comment s’est construit Mandela, il faut prêter attention à quatre grandes périodes de sa vie.
Dans un premier temps, Mandela lutte pacifiquement via son engagement au sein du parti politique Congrès National Africain (CNA).
Dans un second temps, faisant face à la surdité du pouvoir dominant, Mandela devient le commandant en chef de l’armée clandestine du CNA et mène une campagne de sabotage contre le gouvernement. Arrêté, il a prépare un discours qui ressemble davantage à un discours politique qu’à une défense pour son procès : ” I have fought against white domination, and I have fought against black domination. I have cherished the idea of a democratic and free society in which all persons live together in harmony and with equal opportunities. It is an ideal, which I hope to live for and achieve. But if needs be, this is an ideal for which I am prepared to die”
Pendant cette deuxième période, Mandela a vraiment commencé à s’imposer comme principal chef de la résistance. Pour occuper ses fonctions, il a dû faire de nombreux sacrifices. En effet, il était forcé de vivre isolé de sa famille et devait continuellement se déplacer pour échapper aux informateurs du gouvernement.
Puis vint le troisième temps, celui de la mutation de l’homme politique engagé au leader incontesté. Condamné à la prison à vie suite à son procès, il fut incarcéré 27 ans. Durant cette période, il subit des conditions de détention souvent extrêmes, subissant même la mort de son fils sans pouvoir assister à l’enterrement. Mais sa détermination sans faille lui a permis d’afficher un tel sang froid que malgré la douleur il s’est donné comme nouvelle mission de défier l’autorité sur chaque indignité subie de façon à imposer progressivement ses volontés à ses ravisseurs: “n’importe quel homme ou établissement qui essaye de me voler ma dignité perdra”. Dans le but de le manipuler pour décapiter le mouvement de résistance en Afrique du sud, le gouvernement l’a isolé de ses compatriotes de cellule à plusieurs reprises. Plusieurs remises de sentence lui ont été proposées s’il convenait d’abandonner ses idéaux. À chaque occasion, il refusa et resta intègre : “seul les hommes libres peuvent négocier”.
Intégrité et dignité face au tourment et à l’humiliation, Mandela est toujours resté fidèle à ses idéaux et n’a jamais abandonné.
Puis vint le quatrième temps, à l’heure de sa libération. En 1990, au lieu de se réfugier dans la haine de et la violence, Mandela prêcha l’unité et la paix, en suspendant la lutte armée. Homme libre, il lui fallait toutefois gagner la bataille de l’opinion, le plus largement possible, avec comme seul but l’unification. Comment inciter la population noire à ne pas se venger de l’apartheid ? Comment faire en sorte que la population blanche habituée à exclure et maltraiter les Africains de souche accepete de partager les richesses de la nation ? Mandela a indéniablement fait preuve d’intégrité, de sagesse et de patience pour prêcher la reconciliation, comme l’atteste son discours en 1996 : “I knew that many people, particularly minorities, would be feeling very anxious about the future, and I wanted them to feel secure. At every opportunity, I said all South Africans must now unite and say we are one country, one nation, one people, marching together into the future” .
En réalité Mandela a développé et fait preuve de toutes les caractéristiques d’un leader. Ce qu’a réalisé Mandela dans le contexte de l’époque était totalement improbable en si peu de temps. Car bien qu’il ne s’agisse pas de comparer, Ghandi a rassemblé un peuple contre l’envahisseur, alors que Mandela les a en quelque sorte réunis, ayant compris que l’Histoire ne pourrait être réécrite.
Pour cela, il a combiné un ensemble complet d’atouts, comme la présence permanente d’une forte vision à long terme et d’une considérable flexibilité tactique, la maîtrise de soi, la prise de risques, l’enseignement par l’exemple en étant un modèle des changements attendu, la capacité à recadrer et à inspirer les autres, la capacité à influencer en se synchronisant sur le modèle du monde de ses interlocuteurs puis en les guidant vers ses idées, l’attention porté aux autres, sa capacité d’écoute et de conciliation même avec ses ennemis, l’importance des messages non verbaux, une pensée non polaire, une aisance avec les idées contradictoires ainsi que l’humilité et une capacité à se remettre en cause de façon permanente.
Tentons maintenant de caractériser un peu les atouts que nous venons d’évoquer. Pour cela, rapprochons nous de la biographie réalisée en 1999 par Antony Sampson .
Ce dernier a identifié les grands traits du leadership de Mandela. Nous retrouvons l’aspect cognitif, comme par exemple sa grande créativité et sa capacité d’apprentissage au dessus de la moyenne. D’autre part, il souligne la faculté de Mandela à motiver, au travers de qualités comme l’énergie, l’initiative et la capacité d’inspirer les autres de par son charisme et sa confiance. Par ailleurs, Mandela possède beaucoup d’habileté dans le domaine de la relation avec les autres. Selon Sampson, il avait le don pour mettre les gens à l’aise et créer un contact chaleureux qui favorisait l’établissement d’un climat de confiance. Il avait cette facilité à communiquer des messages clairs et à écouter ceux que ses interlocuteurs avaient à dire. C’était un leader qui préconisait toujours l’usage du « nous » et se gardait de prendre tout le mérite. Au contraire, il partageait chaque petite victoire avec son entourage et ne manquait pas une occasion de souligner leur apport. Enfin, et en tant que dirigeant, Nelson Mandela possède la capacité à prendre des décisions, autour d’une vision mais avec une certaine flexibilité.
Enfin, pour terminer notre approche sur le leadership de Mandela, nous ne manquerons pas de souligner ce que le Time Magazine a nommé les « huits leçons de Mandela » suite au reportage de l’un de leur journaliste sur Mandela, l’homme qui a non seulement marqué l’histoire de son pays mais également inspiré le monde entier.
Leçon numéro 1 : Le courage n’est pas l’absence de peur – c’est inspirer les autres à la dépasser.
« En 1994, au cours de la campagne présidentielle, Mandela s’est envolé dans un avion minuscule vers les champs de massacre de Natal, afin de donner un discours à ses partisans zoulou. Quand l’avion était à 20 minutes de l’atterrissage, un des moteurs s’est arrêté. Certains ont commencé à paniquer. La seule chose qui les a calmés était de regarder Mandela qui tranquillement lisait son journal, comme un banlieusard dans son train du matin pour se rendre à son bureau. Mandela avait souvent peur au cours de son épreuve de Rivonia qui a conduit à son emprisonnement sur l’île de Robben. « Naturellement j’avais peur ! » me disait-il plus tard. Il aurait été irrationnel, a t-il dit, de ne pas l’être. « Je ne peux pas prétendre que je suis courageux et que je peux battre le monde entier. » Mais en tant que chef, vous ne pouvez pas le faire savoir aux autres. « Vous devez vous mettre en avant. »
Et c’est précisément ce qu’il a appris à faire : feindre et, par l’acte d’apparaître courageux, inspirer les autres. »
Leçon numéro 2 : Dirigez depuis le front, mais ne laissez jamais votre base à l’arrière.
Pour Mandela, refuser de négocier était une question de tactique, et pas une question de principe. Durant toute sa vie, il a toujours fait cette distinction. Son principe permanent – le renversement de l’apartheid et l’obtention d’un vote par homme est resté immuable, et presque tout ce qui l’a aidé à réaliser ce but a été considéré comme tactique. Il est le plus pragmatique des idéalistes. Après des décennies de propos tels que « les prisonniers ne peuvent pas négocier » et après avoir préconisé une lutte armée qui amènerait le gouvernement à ses genoux, il a décidé qu’il était temps de commencer à parler à ses oppresseurs et lancé des négociations avec le gouvernement de l’apartheid. Un anathème pour le congrès national africain (ANC).

Mandela a lancé une campagne pour persuader l’ANC qu’il détenait la bonne manière de faire. Sa réputation était en jeu. Il est allé voir chacun de ses camarades en prison et a expliqué ce qu’il faisait. Lentement et délibérément, il les a emmenés avec lui. « Tu emportes ta base de soutien avec toi, » dit Ramaphosa, le secrétaire général de l’ANC. Une fois que vous arrivez en tête de pont, vous permettez alors au peuple de passer »

Leçon numéro 3 : Dirigez depuis l’arrière et laissez croire aux autres qu’ils sont à l’avant
Mandela aimait se rappeler sa jeunesse et ses après-midi paresseux à conduire le bétail. « Vous savez, vous pouvez seulement les diriger par l’arrière. » Il soulevait alors ses sourcils pour s’assurer que j’avais compris l’analogie.
En tant que jeune garçon, Mandela a été considérablement influencé par Jongintaba, le roi tribal qui l’a élevé. Quand Jongintaba avait des réunions avec sa cour, les hommes se réunissaient en cercle, et seulement après que chacun ait parlé, le roi commençait à s’exprimer. Le travail du chef, disait Mandela, n’était pas de dire aux gens quoi faire mais d’élaborer un consensus. « N’amenez pas la discussion trop tôt, » avait-il l’habitude de dire.

Le leader doit se permettre d’être également mené par d’autres. « C’est sage, pour persuader des personnes de faire des choses et les penser comme si c’était leur propre idée.»
Leçon numéro 4 : Connaissez votre ennemi et apprenez à parler sa langue.
Dès les années 60, Mandela a commencé à étudier l’afrikaans, la langue des Africains blancs du sud. C’était stratégique dans les deux sens : en parlant la langue de ses adversaires, il pouvait comprendre leurs forces et leurs faiblesses et formuler ainsi une tactique appropriée. Mais il se plaçait également dans les bonnes grâces de son ennemi. Chaque geôlier de sa prison a été impressionné par la bonne volonté de Mandela à parler l’afrikaans et par sa connaissance de l’histoire des Afrikaners. Il a même progressé dans sa connaissance du rugby, le sport préféré des Afrikaners, pour pouvoir comparer les notes des équipes et des joueurs. Mandela a compris que les noirs et les Afrikaners avaient quelque chose de fondamental en commun. Il a également compris que les Afrikaners avaient été eux mêmes victimes de préjudices : le gouvernement britannique et les colons anglais blancs les ont mal considéré. Les Afrikaners ont souffert d’un complexe d’infériorité culturel presque autant que des noirs.
Leçon numéro 5 : Gardez vos amis près de vous et vos rivaux encore plus près.
Les invités de Mandela dans sa maison étaient des personnes en qui il n’avait pas toujours complètement confiance. Il les invitait à dîner ; il les appelait pour les consulter ; il les flattait et leur donnait des cadeaux. Mandela est un homme qui possède un charme considérable et il utilisait son charme encore plus avec ses rivaux qu’avec ses alliés. Mandela a cru qu’embrasser ses rivaux était une manière de les contrôler : ils étaient plus dangereux seuls que dans son cercle d’influence. Il avait l’habitude de dire « Les gens agissent dans leur propre intérêt » C’était simplement un fait de la nature humaine, et non pas un défaut.
Leçon numéro 6 : soignez l’apparence et n’oubliez pas de sourire.
Nous oublions parfois le lien historique entre le leadership et l’aspect physique. Dans chaque pièce où il est entré, George Washington était l’homme le plus grand et probablement le plus fort. La taille et la force ont plus à faire avec l’ADN qu’avec les manuels de leadership, mais Mandela avait compris comment son aspect physique pouvait jouer en sa faveur. Comme chef de l’aile militaire souterraine de l’ANC, il insistait pour être photographié avec sa fatigue et avec une barbe, et tout au long de sa carrière il a été soucieux de s’habiller convenablement en fonction de sa position. Quand Mandela travaillait pour la présidence en 1994, il savait que les symboles avaient autant d’importance que la matière. Il n’était pas un grand orateur public, et les gens s’accordaient à ce qu’il disait après les premières minutes. Mais c’était l’iconographie que les gens comprenaient. Après être sorti de prison, les gens disaient à plusieurs reprises « c’est étonnant qu’il ne soit pas amer ». Il y a mille choses dont Nelson Mandela était amer, mais il savait plus que tout qu’il convenait de projeter l’émotion inverse. Il a toujours dit “oubliez le passé” mais je sais qu’il ne l’a jamais fait.
Leçon numéro 7 : rien n’est ni noir ni blanc
Quand nous avons commencé nos séries d’entretiens, je posais souvent des questions comme celle-ci à Mandela : Quand avez-vous décidé de suspendre la lutte armée, et c’était parce que vous aviez réalisé que vous n’aviez pas la force de renverser le gouvernement ou parce que vous aviez su que vous pouviez gagner l’opinion internationale en choisissant la non violence ? Il m’accordait alors un regard et une parole curieuse « pourquoi pas tous les deux ? ».
Leçon numéro 8 : Partir c’est aussi diriger

Le fait de savoir lâcher une mauvaise idée, rend les décisions du leader plus difficile. Le plus grand legs de Mandela comme président de l’Afrique du Sud a été sa manière de quitter sa fonction. Quand il a été élu en 1994, Mandela pouvait avoir été pressenti comme un président à vie. Dans l’histoire de l’Afrique, il y a eu qu’une poignée de chefs démocratiquement élus qui ont volontairement retiré leurs candidatures. Mandela a été un précédent pour tous ceux qui l’ont suivi, non seulement en Afrique du Sud, mais à travers le reste du continent. En fin de compte, la clef de la compréhension de Mandela, est dans ces 27 années en prison. L’homme qui a marché sur l’île de Robben en 1964 était émotif, entêté, facilement piquant. L’homme qui en est sorti était équilibré et discipliné. Il n’est pas et n’a jamais été dans l’introspection. Je lui ai souvent demandé en quoi l’homme qui est sorti de prison était différent du jeune homme obstiné qui était en y rentrant. Il a détesté cette question. En fin de compte, et dans un moment d’exaspération il m’a un jour dit « je suis sorti mûr. » Il n’y a rien de plus rare ou de plus valable qu’un homme mûr.
Extrait du reportage de Richard Stengel réalisé en 2008 pour le Times Magazine à l’occasion du 90ème anniversaire de Nelson Mandela

Leaders du sport :
Aimé Jacquet, le guide : après une carrière honorable en tant que joueur, notamment à l’AS Saint Etienne, il devient entraineur de l’Olympique Lyonnais puis de Bordeaux durant neuf années, durant lesquelles il gagne trois titres de champion de France et réalise de bons parcours en coupe d’Europe. Par la suite, il devient Sélectionneur National en 1993 après la non qualification de l’équipe pour la Coupe du Monde 1994 aux USA. Opérant une mutation en profondeur de l’Equipe de France, il prépare envers et contre de très nombreuses et vives critiques la participation de la Coupe du Monde. Maintenant le cap, il construira une équipe à son image, basée sur le collectif autour de quelques joueurs cadres comme Didier Deschamps et Laurent Blanc, et d’un joueur de grand talent en la personne de Zinédine Zidane. Malgré un jeu peu enthousiasmant, l’Equipe de France devient peu à peu une mécanique parfaitement huilée, solide, et cohérente. Ayant su inculquer à ses joueurs les exigences de la rigueur du plus haut niveau mais surtout la culture de la gagne, la France remporte le mondial 1998 contre le Brésil, contre toute attente.
Nous insistons sur le contexte détestable qui entoure la participation de l’équipe à la Coupe du Monde organisée en France. En effet, l’ensemble des médias font campagne contre le sélectionneur, usant chaque jour de formules désobligeantes, allant même jusqu’à insisuner qu’Aimé Jacquet est « seulement un brave type qui émet des soupirs », ou le qualifiant de « laborieux du ballon rond, tacticien frustre parfois paléolithique » . Le sélectionneur sait qu’en cas d’échec prématuré, le lynchage qui s’en suivra sera difficilement supportable. Mais en qualité de leader, il maintient le cap et organise la préparation de l’équipe autour de l’objectif final. Nous reprenons ci-après des verbatims issus du film réalisé par Stéphane Meunier durant la phase de préparation, puis durant la compétition en 1998.
Temps 1 : Aimé Jacquet, à l’occasion d’une causerie à l’entrainement peu avant la coupe du monde, souligne l’importance de la concentration, et remet en cause la motivation des troupes tout en pointant la responsabilité collective.
« J’ai pas l’impression que vous êtes bien rentré dans la compétition, c’est ça qui me tarabuste depuis un moment »
« A chaque fois que nous sommes sur le terrain, ce n’est que du bonus pour nous. Parceque nous allons faire un long parcours, nous partons pour un long parcours, et il faudra être prêt vendredi et match après match (…) Il va falloir être costaud et solidaire (…) Je voudrais que dans cette montée en puissance, vous soyez tous conscients de cette situation. Quel beau truc à vivre ! Ce sera un moment inoubliable dans votre vie de footballeur. Ok ? C’est vu ? Allez ! »
Temps 2 : Entrainement physique lors de la préparation pré Coupe du Monde, Roger Lemerre, adjoint d’Aimé Jacquet insiste sur l’importance du dépassement de soi : « tu dois penser quand même ! Si cerveau le veut, ça ça execute. Si cerveau le veut. »
Temps 3 : Aimé Jacquet, la veille du premier match, insiste une nouvelle fois sur la responsabilisation individuelle.
Responsabilisation : « Je serai impitoyable sur certaines choses puisque vous avez la liberté de faire ce que vous voulez. N’oubliez pas : utile pour l’équipe, efficace. Et venez pas m’emmerder. Fixez vous des objectifs. Tous ! Est-ce que vous avez compris ? C’est ça le foot. C’est simple. Mettez vous dans vos meilleures disposition en respectant toujours le jeu ».
Individualisation : « Robert, c’est pas Zizou. Youri, c’est pas Zizou. Chacun ses trucs !. Duga, t’es un attaquant, tu joues là, ou là, tu prends tes responsabilités, tu frappes au but! Robert, à droite ou à gauche pas de problème. Tu provoques, tu joues au football. Muscle ton jeu ! Si tu ne muscle pas ton jeu, fais attention. Je t’assure tu vas avoir des convenues parce que t’es trop gentil.»
Compréhension : « j’ai un respect total des attaquants. J’étais incapable d’en être un. Il vous manque ce déclic pour marquer. Mais le déclic vient à ceux qui sont audacieux, persévérant et intelligent ».
Temps 4 : Aimé Jacquet, lors de la causerie du premier match, rassemble son équipe autour de la nécessaire volonté de gagner.
« Nous avons la chance de jouer ici à Marseille. Il y a une chose qu’ils apprécient ici. Des joueurs qui mouillent le maillot, qui sont dans leur expression. Et quand il ressent ça, je vous garantie que vous aurez un soutien extraordinaire. C’est le grand rendez vous avec le public français. Il veut du spectacle mais attention. La gagne, c’est la mentalité, c’est le groupe, la solidarité, la générosité. La gagne faut aller la chercher, elle se provoque. C’est pourquoi il faut mettre beaucoup d’intensité ce soir, mettre la pression à l’adversaire, l’obliger à faire des fautes. On a rendez vous avec l’histoire à 21h, le reste…organisez-vous. Allez ! »
NB : La France gagne son premier match de poule contre l’Afrique du Sud 3-0.
Temps 5 : Aimé Jacquet, lors de la causerie pour le deuxième match, cherche à donner une ligne de conduite à son équipe.
« il faut mettre la pression, ne leur laisser aucune chance. D’entrée tout le groupe, conquérant, nous avons besoin de certitudes. Il faut aller les chercher, je ne veux voir personne replié. On va les empêcher de jouer. »
NB : La France gagne son deuxième match de poule contre l’Arabie Saoudite 4-0, puis son dernier match de poule contre le Danemark 2-1, et se qualifie pour les huitièmes de finale qu’elle remporte contre le Paraguay 1-0 dans les prolongations. Le match le plus difficile attend l’équipe en quart de finale, contre l’Italie.
Temps 6 : Aimé Jacquet, lors de la causerie d’avant match contre l’Italie, apporte des précisions et donne la marche à suivre et rappel encore une fois l’objectif.
« Notre efficacité, notre collectif nous permet d’envisager de très belles choses. (à propos des italiens) Ils savent provoquer, déséquilibrer, énerver. Bien les jouer, c’est bien s’organiser, c’est bien se responsabiliser, c’est prendre l’évènement dans toute sa dimension. Ils sont 2 offensifs. Tout de suite, on fixe bien Vieiri. Laurent, Marcel, vous ne le laissez jamais dans l’intervalle. Del Piero, c’est Dédé qui va s’en occuper sérieusement. ( …) et n’oubliez pas les gars. La gagne ! il faut frapper, la passe décisive c’est bien mais le but c’est mieux ! Tout se joue dans le mental »
La progression du discours d’Aimé Jacquet est intéressante. Nous observons que dans un premier temps, il met l’accent sur la préparation mentale et tente de provoquer chez ses joueurs l’adéquation au projet collectif. Dans un second temps, et plus la compétition avance, il se contente d’être le guide vers la victoire finale, en se focalisant sur les aspects tactiques des rencontres.

Leaders de l’entreprise :

Pour évoquer les leaders de l’entreprise, nous nous appuyons sur le travail de Jim Collins qui détermina 5 niveaux qualitatif du management.

Les grands patrons de niveau 5 sont de parfaits exemples de dualité, modestes et volontaires, humbles et intrépides. Prenons l’exemple de Colman Mockler, PDG de Gillette entre 1975 et 1991. Durant sa présidence, l’entreprise subit trois tentatives de rachat par ses concurrentes, à des conditions financières plutôt avantageuses pour les actionnaires. Mais Colman Mockler ne céda pas et choisit de se battre pour l’avenir de Gillette, quitte à renoncer à une somme importante. Calme et réservé, courtois, certains considéraient que ces qualités étaient de réelles faiblesses. Au final, les dirigeants de l’entreprise contactèrent un par un des milliers de petits porteurs pour les convaincre de se rallier à leur cause. En effet, Colman Mockler était persuadé que les lourds investissements consentis allaient payer et permettre à l’action de dépasser les espérances. Cette position long termiste paya si bien que dix ans plus tard l’actionnaire resté fidèle a gagné trois fois plus que s’il avait accepté la vente. Le caractère placide de Mockler cachait en réalité une profonde intensité, une implication totale pour obtenir le meilleur résultat possible.

D’autre part, le leader de niveau 5 est un homme humble. L’étude réalisée par Jim Collins relève que ce type de PDG emploient très fréquemment des termes tels que « calme, humble, modeste, affable… », se refusant la plupart du temps à une exposition médiatique individualiste car ne considérant leur propre réussite qu’au travers de celles de leurs équipes.

Cependant, le leadership de niveau 5 ne se limite bien évidemment pas à l’humilité et à la modestie. La rigoureuse détermination est également un facteur très important. Ce type de leader est prêt à tout pour atteindre le but qu’il s’est fixé, peu importe le cout économique ou social. Ainsi, Darwin Smith, PDG de Kimberly-Clarck, est un exemple en la matière. Chargé de redresser une entreprise à la peine, il prit la décision unilatérale de vendre les usines, ayant conclu que le cœur de métier traditionnel (le papier couché) était voué à la médiocrité. Le seul moyen de se donner de réelles perspectives était de s’attaquer à l’industrie papetière grand public, mais cela insinuait se frotter à des géants mondiaux tels que Procter & Gamble. Darwin Smith rendit publique sa décision de vendre les fabriques, en ne donnant à Kimberly-Clark qu’une seule alternative : l’excellence ou la mort. La résonnance de la sphère économique fut très négative, l’action plongea. Mais tous les procédés de fabrication furent mis au service des produits grand public, et l’entreprise racheta des marques telles que Huggies et Kleenex. 25 ans plus tard, Kimberly-Clark battait Procter&Gamble en part de marché. Darwin Smith est l’exemple du leader d’entreprise, mariant humilité et intense détermination.

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